Série « Les douze travaux d’Hercule »

Zone Her0224

  • Date : 24-06-2026
  • Statut de l’appel : OUVERT – Observations nécessaires
  • Priorité : 4/5 (quelques opportunités au cours de l’été 2026)
  • Magnitude : 16.1 / 16.6
  • Var. Type : EA/EA
  • Constellation : Her
  • Voir mises à jour éventuelles en fin d’appel.
  • ATTENTION : Les instants donnés en JD sont à utiliser en priorité. Les instants donnés en temps UTC sont donnés à titre indicatif et doivent être vérifiés.

Nous poursuivons notre exploration du sud de la constellation d’Hercule, cette fois en nous approchant assez nettement de la voie Lactée. La densité stellaire de la zone explorée monte à 54000 étoiles au catalogue Gaia DR3, par degré carré.

Le champ Her0224 ne pose pas particulièrement de difficultés pour autant, si ce n’est qu’il nous faut nous contenter d’une assez faible quantité de données TESS (on ne dispose que de trois secteurs), ce qui nous donnera forcément quelques sueurs froides, s’agissant de reconstituer les périodes des binaires à éclipses les plus « laches » (périodes > 26 jours).

Dans ce champ, nous avons trouvé 8 variables non repertoriées, dont deux nécessiteront un certain nombre d’observations complémentaires. Trois autres étoiles, pour lesquelles on ne dispose que de deux ou trois éclipses, sans connection entre elles, resteront sans période déterminable pour le moment, simplement cataloguées en tant que binaires à éclipses de type EA.


L’étoile Her0224a est une binaire à éclipses classique, de période assez longue (31.9 jours), pour laquelle on n’a pu retrouver que 2 éclipses par secteur … Et toute la difficulté vient de là, dans l’analyse de la période de cet objet, puisqu’il nous faut un minimum de trois éclipses observées consécutivement pour lever toute ambiguïté. En dehors de ce chemin balisé, il est nécessaire de ruser. Fort aimablement, une répartition heureuse entre éclipses primaires et secondaires le long de la trame temporelle est venue à notre secours, qui nous a permis de nous en tirer à bon compte, et de tracer une éphéméride assez précise, qu’il convient malgré tout de vérifier.

L’étoile cible est observable à la magnitude G = 16.6. Elle est assez bien isolée, et son identification ne posera pas de problème.

Les éclipses sont assez indifférentiées, aussi, on ne distinguera les deux types dans l’éphéméride que de manière arbitraire. Leur profondeur atteint 20 à 25%, et elles ont une durée égale à un peu plus de cinq heures (5h20).

A noter que certaines d’entre-elles semblent montrer un profil un peu asymétrique, ce qui est atypique, et sera à vérifier.

L’éphéméride suivante donne les instants des minimums observables au cours de l’été 2026. Les instants sont en JD. Ces éclipses ne sont observables que depuis les longitudes américaines.

Primaires
2461215.95799999
2461247.87765216
2461279.79730434
2461311.71695651


Secondaires
2461231.92921999
2461263.84887216
2461295.76852434


L’étoile Her0224b est également une binaire à éclipses de type EA. Nous disposons cette fois de cinq éclipses, sises assez favorablement le long de la trame temporelle ; toutefois un très fort soupçon d’excentricité rend la détermination de la période malaisée.

Nous avons testé plusieurs hypothèses, parmi lesquelles une période très proche de 27 jours semble « emporter le morceau », en s’ajustant très correctement aux instants des éclipses primaires observées, mais un peu plus rugueusement aux éclipses secondaires (décalage d’une heure O-C, ce qui est beaucoup, sur une durée de 4 heures).

Nous pouvons cependant tester cette hypothèse, dans la mesure où toutes les autres ont pour le moment été réfutées. Retrouver ne serait-ce qu’une éclipse permettrait de valider l’hypothèse (une primaire + une secondaire serait encore mieux, bien sûr).

Her0224b est une étoile G mag = 16.1, qui présente de éclipses primaires d’une durée de 6 heures, contre 4h20 pour les éclipses secondaires (éclipses très différentiées, donc). Ces éclipses sont peu profondes : environ 4%. L’étoile est assez bien séparée de ses voisines, et le signal assez bien circonscrit, mais une étoile de magnitude 15.0 est localisée à moins de 20arcsec de la cible, dont il faudra surveiller le comportement lors de l’extraction de la photométrie. Quatre autres étoiles sont également trouvées dans un rayon de 30 à 40 secondes de là.

Sur la pixelmap ci-dessous, on voit que le signal se propage sur un certain nombre de pixels, au-delà de la localisation formelle de la cible.

Les images ci-dessous mettent en lumière certaines difficultés auxquelles nous pouvons être confrontés, parfois. Les données permettent de déterminer par le calcul qu’une éclipse est très probablement visible en toute fin de secteur 53, que nous retrouvons effectivement, en inspectant les courbes un peu finement – une éclipse qui nous avait échappé lors d’un premier visionnage. VariSeek a la particularité d’afficher des données ayant un flag « bad data« , ce que ne permettent généralement pas les outils externes (y compris des outils MAST/NASA), ainsi que nous pouvons le voir sur les courbes. En vert, nous avons cerclé les éclipses vérifiées ; en rouge nous montrons les artéfacts. Les points de données affichés en rouge correspondent à des bad data.

Du fait d’une période véritablement très proche de 27 jours et d’un concours de circonstances non favorable, aucune éclipse primaire ne pourra être observée en dehors de l’Asie ou du Moyen-Orient au cours de l’été 2026.

Les perspectives ne sont pas différentes, s’agissant des éclipses secondaires, du point de vue européen, mais ces éclipses seront malgré tout observables depuis les longitudes américaines.

Il ne faudra pas perdre de vue, cependant, que la fiabilité n’est pas totale quant à cette prévision sur les éclipses secondaires, dans l’hypothèse où la période calculée s’adapterait à la situation, ce qui reste à prouver par l’observation.

Précision sur les instants : +- 1 heure. Observation à prévoir sur une nuit complète.

Eclipses secondaires (JD)

2461227.68555397

2461253.74197207

2461279.79839018

2461305.85480828